Stonehenge: le mystère s'épaissit

 Le célèbre site britannique de Stonehenge n'a semble-t-il pas encore livré tous ses secrets...

Et pour cause, début septembre une équipe d'archéologues a mis au jour les vestiges d'un monument enfoui, situé non loin du fameux cercle de mégalithes. Une découverte surprenante qui pourrait bien bouleverser la vision que l'on porte sur ce monument.

 

Il est inutile de présenter Stonehenge tant sa renommée est grande de par le monde. Érigé entre 3100 et 1500 avant notre ère, entre le néolithique et l'âge de bronze, son nom signifie ''pierres debout'' en vieil anglais, une dénomination pour le moins appropriée.

Son érection se serait déroulée en quatre étapes sur un peu plus de deux millénaires.

Un premier cercle de pierres couchées aurait été installé dans l'actuel comté du Wiltshire, dans le sud-ouest de l'Angleterre, et aurait subsisté près de deux cent ans.

Par la suite, un second cercle, constitué d'énormes pierres élevées cette fois ci, serait venu le remplacer. Ce dernier se vit jouxté de deux autres cercles de pierres plus petites, désignées sous l'appellation ''pierres bleues'', installés à l'intérieur et à l'extérieur.

Enfin, pour terminer, un dernier cercle de blocs de grès, c'est-à-dire des mégalithes d'une trentaine de tonnes reliés entre eux par d'autres pierres posées à l'horizontale, serait venu parachever la construction.

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Les questions se révèlent nombreuses sur l'usage de Stonehenge. En effet, ce site a fait l'objet de tout un ensemble d’hypothèses plus ou moins plausibles : un lieu de culte pour les druides celtes, une enceinte sacrée dédiée à la guérison, un cimetière, ou encore un calendrier annonciateur du solstice d'été. Le folklore et ses légendes ne sont pas en reste quant aux explications sur l'origine du site en mettant par exemple en scène le célèbre Merlin. Selon la légende, il aurait fait voler des pierres en provenance d'Irlande afin d'ériger, dans la plaine de Salisbury, un monument à la gloire du roi Arthur  

L'hypothèse la plus communément admise est, qu'en réalité, Stonehenge ne possède pas une seule utilité mais plusieurs. Comme nous l'avons indiqué  précédemment, sa construction s'est étalée sur plusieurs siècles, laissant supposer que les générations successives de bâtisseurs purent contribuer à la modification de ses usages.

Des fouilles, organisées au cours de l’année 2008, font état d'une multitude de trous, témoignant avec évidence des différents aménagements au fil des ans.

 

D'autres recherches ont été menées dans les environs immédiats de Stonehenge, à savoir sur le site de Durrington Walls qui se trouve à moins de trois kilomètres au nord-est.

Il s'agit d'une enceinte néolithique connue sous le nom de « henge », d'un diamètre de 500 mètres, ce qui en fait la plus grande structure néolithique au nord-ouest de l'Europe. Elle aurait abrité un village, probablement le lieu d'habitation des bâtisseurs de la construction mégalithique.

La trouvaille la plus significative réside en une grande ligne appelée ''Cursus'' qui servait très certainement à effectuer des processions. Ajoutons à cela des traces d'éléments rituels et d'occupations humaines qui accréditent l’idée d'une vie en communauté. 

C'est dans cette atmosphère propice aux nouvelles découvertes que les archéologues du Stonehenge Hidden Landscapes Project, l'organisme en charge des fouilles et plus généralement du site, ont mis au jour une ligne de 90 menhirs enterrés. Certains d’entre eux mesurent plus de 4 mètres de longueur et forment une sorte de ''C'' allongé sur l' un des côtés de Durrington Walls. Ils auraient été mis en place il y a 4500 ans, ce qui permet de penser que ce nouveau monument est contemporain de Stonehenge ou peut-être même antérieur.

 

Cette ligne de mégalithes enterrés « change fondamentalement notre compréhension de Stonehenge et du monde autour de lui » affirme Paul Garwood, préhistorien à l'université de Birmingham. « Tout ce qui a été écrit précédemment sur le paysage de Stonehenge et les monuments anciens qu'il comporte va devoir être réécrit ». 

Il ne fait aucun doute que les connaissances dont nous disposons sur Stonehenge seront amenées à subir de profonds changements dans les mois et années à venir. Qui sait quels mystères renferme encore ce célèbre site anglais...    

Sources

 

Le Figaro

Le Nouvel Observateur

Stonehenge et son secret, Myriam Philibert, 1994, Édition du Rocher, 340 pages

Stonehenge, temple mystérieux de la préhistoire, Niel Ferdinand, 1974, R. Laffont, les Énigmes de l'Univers

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