Les mégalithes de Carnac

Les mystères entourant les mégalithes de Carnac, en passe d'être résolus ?

Megalithes

        D'énigmatiques pierres qui s'étendent sur plusieurs kilomètres... Certaines soigneusement alignées, d'autres complètement isolées... Le site de Carnac continue de fasciner grand nombre de personnes et de faire surgir de nouvelles questions. Pourquoi a-t-on érigé de tels monuments il y a de cela des millénaires ? Quelles en sont les raisons ? Sont-elles d'ordre mystique ou bien scientifique ? Les archéologues pourraient bien commencer à détenir de véritables réponses, reléguant les suppositions en arrière plan. Mais avant, un tour d'horizon de ce lieu ancestral s'impose.

 

 

        Si l'on demandait à quelqu'un ce qui lui vient immédiatement à l'esprit en pensant à la ville de Carnac située dans le Morbihan, ce serait sans nul doute les milliers de pierres qui s'étendent à perte de vue au beau milieu de la végétation. Et pour cause: avec un peu plus de 3 000 menhirs et dolmens érigés entre le Vème et le IIIème millénaire avant notre ère, et qui courent sur une quarantaine d’hectares, le site mégalithique de Carnac dessine un endroit archéologique et préhistorique majeur sur la compréhension de la civilisation néolithique.

       

        Ce qu'il faut savoir, c'est que le terme ''mégalithe'', qui désigne un monument de grosses pierres brutes, levées ou superposées, nous vient du grec, megas signifiant grand et lithos signifiant pierre. Les mégalithes seraient donc au sens strict de ''grandes pierres''. Elles ne se concentrent pas exclusivement sur le territoire français, mais se trouvent également dans toute l'Europe (Stonehenge en Angleterre notamment) et sur toute la surface du globe avec cependant une présence plus importante près des côtes atlantiques, de la Manche, en Corse ainsi qu'en Sardaigne. Ces fameuses pierres sont divisées en deux types, à savoir les menhirs (du breton ''maen'', la pierre et ''hir'', longue) qui forment un alignement et qui peuvent être regroupés en cercle ou en demi cercle, ils constituent alors ce que l'on appelle des cromlechs. Le second type de roche se nomme les dolmens (ce qui veut dire en breton ''table de pierre'') qui sont des dalles monumentales construites sans l'aide de ciment ou de mortier. Il se peut qu'ils aient pu servir de tombeau.

        Le site mégalithique de Carnac (le nom de la ville se traduisant d'ailleurs par ''lieu où il y a des monticules de pierres'') correspond en tout point à cette description établie par les archéologues. Il se compose de quatre ensembles de files de pierres dressées qui se visitent d'est en ouest et qui ont pour dénomination: Ménec, Kermanio, Kerlescan et le petit Ménec. L'alignement de Ménec reste le plus imposant avec 1 050 menhirs alignés sur 11 files et plus de 950 mètres et deux cromlechs délimitant un espace dit ''sacré''. Néanmoins, comme précisé plus haut, les menhirs et les dolmens ne font pas tous partie d'un alignement. En effet, l'un d'entre eux, le Géant de Manio qui mesure 6,50m se tient debout seul et isolé au milieu d'une clairière. Ce dernier est sujet à de vastes interrogations de la part des scientifiques, et intrigue de par les cinq serpents gravés sur son flanc mais également par les cinq haches polies qu'on a retrouvé enterrées à son pied.

       

        Mais alors, quelle est donc la signification de tout cela ? L'hypothèse la plus probable est que ces constructions servaient de repères aux marins qui naviguaient non loin des côtes bretonnes. Seulement, il est quasiment certain que leur fonction première était tout autre. Si l'on se fie à nos connaissances actuelles, l'édification des pierres aurait eu lieu bien avant l'invention de la voile. Différentes observations ont vu le jour, en particulier le fait que les menhirs sont orientés en fonction de la position du soleil lors des solstices d'hiver et d'été, il serait possible qu'ils soient à l'origine d'études sur les phénomènes liés à l'astronomie ou au rythme de la vie agricole. Concernant les cromlechs, ils auraient peut être été érigé par des hommes du néolithique afin d'en faire des sanctuaires dédiés au soleil. Les alignements quant à eux représenteraient les voies sacrées permettant d'y accéder.

Zacharie Le Rouzic

Rouzic

  Ces différentes hypothèses proviennent de plusieurs personnes, archéologues ou simples passionnés dont la figure emblématique demeure Zacharie le Rouzic. Il s'est prit d'intérêt pour les mégalithes de Carnac dès l'âge de 10 ans, lorsqu'un spécialiste en archéologie venu d'Ecosse, James Miln, l'a engagé comme assistant. Il consacra la majeure partie de sa vie à étudier et à organiser des fouilles sur les différents sites du Morbihan. Ses recherches, qui s'étalèrent de la fin du XIXème au début du XXème siècle, l'amenèrent à la publication de plusieurs articles dans des revues savantes de l'époque mais également à assurer la protection et la restauration des monuments. Le musée archéologique de Carnac, dont il fut le conservateur, porte son nom.

        En dépit des travaux effectués par Le Rouzic et ses prédécesseurs, nous demeurons cependant dans l'ignorance, les véritables raisons de l'élévation de ce site mégalithique pouvant se révéler complètement autre. Cela étant, la découverte de présence humaine à côté des mégalithes par des archéologues au printemps dernier serait susceptible d'apporter de nouvelles réponses à nos questions. C'est la première fois qu'une trace d'habitation néolithique structurée est mise à jour à Carnac. Olivier Agogué, le responsable du service archéologique du conseil général du Morbihan, fait état de la présence de mobilier mais aussi de matériel archéologique tels que des vases et des silex taillés datant de l'âge du Bronze. Cette découverte laisse deviner que des gens vivaient près des mégalithes qui n'étaient pas que des installations funéraires mais certainement beaucoup plus que ce que l'on pouvait imaginer jusqu'à présent. Des fouilles plus approfondies seront réalisées en 2015. ''Elles permettront de mieux comprendre ce qui a été mis au jour'', indique Olivier Agogué. Autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos surprises et que Carnac est loin d'avoir délivré tous ses secrets.          

 

Sources:

 

Alignements de Carnac, de Véronique Lamère, www.panoramadelart.com

www.monuments-nationaux.fr

www.morbihan.com

www.ouest-france.fr

www.locmariquer.info

 

 

Pour aller plus loin:

 

Les alignements de Carnac: temples néolithiques, de Jean Pierre Mohen, 06/2000, Centre des monuments nationaux, 63p.

 

Histoires de mégalithes: enquête à Port-Blanc (Saint Pierre-Quiberon, Morbihan) par Jean-Noël Guyodo et Audrey Blanchard. Revue ''Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest'' 2014/2 (n°121-2)

 

La Société Polymathique et la naissance de collections archéologiques en Morbihan par Christophe Le pennec. Revue ''Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest'' 2011/3 (n°118-3)

 

Zacharie Le Rouzic, archéologue et photographe à Carnac, par Zacharie Le Rouzic, 04/2014, 144 p.

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