Hippolyte Müller - archéologue alpin

Rien ne prédestinait Hippolyte Müller (1865-1933) à devenir une personnalité incontournable de l’archéologie et du patrimoine de l’Isère. Sa famille disposant de revenus modestes, il arrête rapidement l’école où il ne réussit guère que dans les matières qu’il affectionne pour être placé en apprentissage chez un bijoutier. Pour autant, il continue à satisfaire sa curiosité et se perfectionne en géologie, en numismatique et développe un goût certain pour l’étude de la préhistoire. C’est ainsi qu’à ses collections et lectures personnelles s’ajoutent bientôt diverses excursions et cours du soir qui le conduisent rapidement à entreprendre des fouilles archéologiques en Vercors. De fait, dès l’âge de dix-sept ans il découvre et conserve des objets en silex qui lui permettront, par la suite, d’identifier avec méthode le site néolithique d’importance des Balmes de Fontaine.

 

Sa passion n’est pas sans conséquences directes sur sa santé, d’ailleurs fragile depuis son enfance : il ne sort pas indemne d’une opération archéologique au lac du Bourget qui, du fait d’une hémoptysie, le paralyse pendant près d’un an. Loin de tout fatalisme, il met à profit son temps libre et obtient à dix-neuf ans deux mois de vacations au Muséum d’histoire naturelle de Grenoble. Une expérience qui confirme la volonté du jeune Hippolyte d’un avenir professionnel résolument tourné vers les musées. Il y rencontre et noue des liens avec les meilleurs spécialistes de la préhistoire (dont Ernest Chantre) dans le cadre du congrès de l’AFAS (Association Française pour l’Avancement des Sciences). Pourtant changer de métier ne lui sera pas possible avant de nombreuses années.

L’occasion se présente dès lors qu’il accède à la nouvelle Société Dauphinoise d’Ethnologie et d’Anthropologie au sein de laquelle il obtient le poste de bibliothécaire de l’École de médecine. Il va ainsi devenir un grand érudit polyvalent et autodidacte – préhistorien, archéologue, conférencier – réalisant de nombreuses expérimentations pour comprendre le mode de vie et les techniques préhistoriques et accumulant dans les greniers de l’École tous les produits de ses fouilles. Des expériences qu’il mène sur des cadavres d’animaux, tels des marmottes, afin de se confronter aux traces laissées par ces outils. Il reproduisit aussi des d’outils, testant par exemple des emmanchements associant bois et silex afin de mettre au jour des gestes d’artisans préhistoriques.

Dès 1904 il exprime son désir de créer un musée local, car l’exposition est pour lui un moyen d’expression naturelle. Le Musée Dauphinois est créé deux ans plus tard.

Web chemin 17941 1346755208

Ainsi que l’a pensé son fondateur, le Musée Dauphinois rassemble des témoins et vestiges d’une mémoire collective et dauphinoise des premiers temps de l’humanité à l’actualité la plus vive. Hippolyte Müller le décrivait lui-même en 1906 comme « un musée populaire reflétant les coutumes, les mœurs, les usages d'une population particulière » ou encore comme « la somme de l'histoire d'une région par l'objet ».

Les archives d’Hippolyte Müller sont d’une très grande richesse ; ses notes, croquis, découvertes et expérimentations sont actuellement conservés au Musée dauphinois.

Jean-Pascal Jospin – conservateur en chef de l’archéologie en Isère – nous permet notamment d’apprécier le caractère hétéroclite des intérêts d’Hippolyte Müller à travers une présentation assez incongrue d’une collection de boutons !

La Mercerie - La boîte à boutons d'Hippolyte Müller

 

Texte inspiré du site internet du Musée dauphinois.

Toutes les photographies proviennent de ce même site internet.

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