2015 - Février - Visite d'ArcNucléart

            ARC-Nucléart est un laboratoire fondé il y a quarante ans afin de garantir la conservation puis, voire la restauration des objets en matériaux dits organiques tels que le bois, le cuir ou les fibres.

           

    Après avoir réglé les questions administratives (présentation de la carte d'identité et don d'un badge d'accès), une personne nous guide jusqu'au bâtiment et nous laisse en compagnie de notre guide qui nous a présenté les lieux. ARC-Nucléart se compose d'une équipe qui permet la collaboration d'un ensemble de compétences avec des chimistes, des biologistes, des techniciens, des physiciens, des restaurateurs, un conservateur, d'un régisseur des collections, des ingénieurs et des photographes. Cette équipe est le fruit de la collaboration entre l'Etat, le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (C.E.A.), du Conseil Régional de la région Rhône-Alpes, de la ville de Grenoble et enfin de l'association ProNucléart.

        

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Bois

   Nous entamons la visite et pénétrons la première pièce. Il s'agit du lieu où sont notamment traitées les planches provenant de navires trouvés lors des fouilles en milieu subaquatique qui ont eu lieu dans le Rhône. Dans cette salle, on nous explique alors que les matériaux organiques, sous l'eau, ne se dégradent que peu et restent à l'abri des insectes et des nuisibles. Mais, au sortir de l'élément aqueux, si on a l'impression qu'ils sont intactes, ce ne sont en fait, pour le bois par exemple, que des « squelettes » extrêmement fragiles. Afin de conserver leurs formes, ces objets seront mis dans des sacs spéciaux contenant de l'eau afin de les maintenir dans l'environnement dans lequel ils ont été trouvés. Arrivés à ARC-Nucléart, ils sont alors baignés, durant un laps de temps pouvant durer quelques jours comme plusieurs années, dans des cuves contenant du polyéthylène glycol (PEG) qui prend progressivement la place de l'eau, permettant le maintien de la forme de l'objet. Ce dernier sera ensuite installé dans un lyophilisateur et congelé pour que la glace soit transformée en vapeur d'eau. Il ne restera alors que le PEG qui maintiendra la forme de la pièce. Ce traitement peut durer plusieurs semaines.

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ARC-Nucléart peut arrêter son travail à ce stade-là. L'objet est conservé, c'est sa mission principale. Néanmoins, la structure ayant envoyée cet objet en traitement peut choisir de le restaurer en vue, par exemple, d'une exposition dans un musée.

          

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Epave
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Fragilisés, les objets du patrimoine nécessitent, pour pouvoir être conservés et présentés au public, des opérations de consolidation et de restauration. Dans des locaux équipés d’installations de haute technicité, sur une surface de 3000 m2, une équipe pluridisciplinaire (chimistes, physiciens, techniciens, restaurateurs, conservateur, personnel administratif) se consacre à la sauvegarde du patrimoine, intervenant sur les collections des musées ou dans les monuments historiques, mais aussi sur les chantiers de fouilles pour assister les archéologues.

 

Dans cette grande salle a été construite une pièce en matériaux dur afin d'entreposé certains vestiges de grandes taille : il s'agit notamment d'un bateau gallo-romain retrouvé en 2003-2004. Celui-ci est  entièrement démonté. Chaque planche ou pièce est marquée d'un repérage afin que l'embarcation puisse être remontée telle qu'elle a été retrouvée lors des fouilles.  Dans cette même petite salle se situe une seconde embarcation, entière et non démontée. C'est une barque vivier du XVIe siècle. Contrairement à d'autres vestiges, elle fut traitée dans un autre bassin, adapté à sa grande taille. Et, ne pouvant rentrer dans un lyophilisateur, elle fut installée dans la pièce où nous avons pu la voir, spécifiquement installée pour cette barque et dans laquelle un système spécial de séchage a été mis en place.

Divers
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Dans une seconde pièce, la première créée pour ARC-Nucléart, un autre procédé est utilisé. Il s'agit d'injecter de la résine dans l'objet gorgé d'eau que l'on veut conserver. La résine va alors chasser l'eau et prendre sa place. Cependant, l'élément imprégné de résine devient très lourd, et si ce procédé est efficace pour la conservation, il reste malheureusement, contrairement au premier que nous avons vu, irréversible.

Pour certains objets dévorés par les mites ou autres nuisibles, un système d'irradiation a été mis en place. Il s'agit d'un chariot composé d'une source composée de plaquettes de cobalt 60 instable à rayonnement. Cette source est située dans une piscine profonde afin que les rayonnements, mortels pour l'homme, ne puissent l'atteindre. Le chariot est ensuite monté dans une pièce, tout en restant dans l'eau. Arrivée dans cette salle, il est sorti du bassin d'eau libérant dans toute la pièce le rayonnement. Le temps d'élimination est variable dépendant des parasites : plus un être simple dans sa constitution même, plus les rayons mettrons du temps pour l'éliminer. Mais ce procédé est seulement curatif. De fait, afin d'éviter une nouvelle infestation, il est nécessaire de bien protéger l'objet en question. Quand les nuisibles sont éliminés, le chariot est renvoyé au fond de la piscine.

Il existe ensuite tout un service de restauration des œuvres qui s'occupe notamment de restaurer la polychromie et de consolider la structure de l'objet.

Ainsi, sont notamment passés dans ce laboratoire la momie de Ramsès II, un bébé Mammouth ainsi que diverses autres embarcations dont une pirogue retrouvée dans la Loire.

Gamma

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