2015 - Janvier - Visite de l'exposition "Confidences d'outre tombe" au Musée dauphinois.

 

 

            17h, début de la visite. Franck Philippeaux, conservateur au Musée dauphinois ayant participé avec  Jean-Pascal Jospin à la création de l'exposition, commence la visite.

 

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Cette exposition fait intervenir différents acteurs et notamment le Musée dauphinois, le musée  archéologique Saint-Laurent de Grenoble ainsi que l'Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives). L'exposition a pour but de présenter l'évolution des pratiques et des représentations, des traitements du défunt, et plus particulièrement du squelette au cours du temps, de la préhistoire à nos jours. Dans ce cadre, plusieurs dispositifs technologiques ont été développés par la Casemate (centre de culture scientifique, C. C. S. T. I.). Cette exposition, très belle par ailleurs, se concentre sur le patrimoine anthropologique et funéraire alpin.

 

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   La première salle que découvre le visiteur est celle dite des « Grands ancêtres ».

Ainsi, le visiteur découvre dans un premier temps ceux qui sont appelés « les grands ancêtres ». Il s'agit de squelettes découverts lors de fouilles archéologiques aux XIX et XXe siècles, dans un contexte précis (mobilier funéraire, position du corps, mode d'inhumation ou incinération), et datant tous de la préhistoire, le plus vieux, appelé arbitrairement Alexandre, ayant près de dix mille ans. Tous les squelettes sont disposés tels qu'ils ont été découverts lors des fouilles archéologiques. En effet, lors de celles-ci, des relevés graphiques et des photographies sont réalisés, permettant aux anthropologue de les replacer à l'identique. Sur les murs, près de chacun de ces squelettes, sont installées des boîtes contenant des hauts parleurs où l'on peut entendre, en les ouvrant, des chuchotements racontant la vie, fictive, de ces personnages, et ce, à la première personne afin de donner l'illusion d'être les paroles mêmes de ces défunts. Comme s'ils contaient leur propre histoire.

            La pièce attenante est alors dédiée aux différents modes d'inhumations existant tels que la tombe maçonnée, le sarcophage, le cercueil, la tombe sous tuile en bâtière, le mausolée ou encore même l'amphore. Ces tombes sont reproduites avec les matériaux à taille réelle (en dehors du mausolée) et forment une véritable typologie, par ailleurs reprise dans un tableau synthétique sur le mur. A côté de cela, le principe stratigraphique d'une fouille archéologique est expliqué par un dispositif de « bac à sable » élaboré par la Casemate. Des outils, pioche, pelle, truelle, et bien d'autres encore, prêtés par l'Inrap, sont exposés. Pour revenir aux pratiques funéraires, cette séquence ce termine par la présentation d'épitaphes (inscriptions à caractère funéraire) ainsi que d'un registre paroissial. Ces documents servent à donner des indications concernant les défunt, leur mort surtout, mais parfois aussi sur leur vivant. On y retrouve surtout l'âge, le sexe, la profession.

 

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  La séquence suivante est plus particulièrement dédiée à l'anthropologie biologique, l'étude des squelettes. La salle se présente tel un laboratoire où deux approches sont développées : la première consiste à présenter les différents cas pathologiques. Des dispositifs interactifs ont été élaborés par la Casemate : l'un est un scanner permettant de « photographier » un os du squelette et de montrer quel type de maladie a touché tel os et quelles en sont ses manifestation, l'autre montre au visiteur la façon dont ont étudie le sexe et l'âge d'un individu à partir des ossements et comment se reconstitue un squelette.

 

La deuxième approche de la séquence présente des cas de traumatismes physique surtout liés à la guerre, au combat. C'est le cas de squelette gallo-romain dont le crâne est fendu de deux coups d'épées, l'un au niveau de la mâchoire supérieure, l'autre à l'arrière du crâne.

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            Par la suite, c'est en quelque sorte l'histoire de l'anthropologie qui est présentée : Les premières études sur le corps humain à l'époque moderne et encore au XIXe siècle, sur des cobayes,  phrénologie (théorie selon laquelle les bosses du crâne d'un être humain reflètent son caractère), premières études anthropologiques et conceptions de l'homme et notamment de l'homme préhistorique avec les premières reconstitutions faciales, étude de la criminalité que l'on considère liée au faciès : tel ou tel forme de visage refléterait ou non l'esprit criminel d'un individu.

 

            Après toute cette partie archéologique et anthropologique, le visiteur se trouve transporté dans le monde des représentations lié au défunt et au squelette plus particulièrement. Ainsi, le cas des reliques est abordés avec des masques reliquaires, un catafalque, des châsses reliquaires, mais aussi les ossements du chevalier de Bayard dans lesquels on retrouve finalement plusieurs individus. C'est ensuite au tour des danses macabres et des vanités d'être de la partie. On  y voit squelettes et hommes se mêler joyeusement. Ce thème sera repris notamment dès les frères Lumières qui projetterons des films d'animation dont le personnage principal est un squelette.

 

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L'image du squelette se développera et les mouvements contestataires tels que le Rock, le Punk, Métal et d'autres encore l'utiliseront. De fait, la dernière séquence avant la conclusion comporte de nombreux objets fabriqués en série et commercialisés montre la banalisation, finalement, de cette figure du squelette, et les différentes représentations que l'on s'en fait. Ainsi, T-shirts et vêtements en tous genres, objets issus de films, de jeux vidéo, des bandes dessinés et bien d'autres choses encore sont exposés à ces fins. Le squelette est presque désormais un élément amusant, ludique, ayant perdu cette peur qu'il inspirait aux époques précédentes.Il fait partie intégrante de notre société et de notre imaginaire. Ici encore, un dispositif de la Casemate est installé, avec le principe de « Kinect ». Les mouvement du visiteur sont alors reproduits par le squelette de ce dernier projeté sur l'écran.

 

      

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     L'exposition se termine enfin par une question posée au public et qui est actuelle : les restes humains peuvent-ils être considérés comme de simples objets de collection ou bien doit-on leur donner un statut à part ? Dans cette salle une simple vitrine est installée au centre avec une boîte comprenant les ossements tirés d'une fouille. Il s'agit de montrer, en lien avec cette réflexion, comment sont conservés, dans la plupart des cas, les restes humains exhumés lors des fouilles archéologiques.

 

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Et, un peu à part, se trouvent installés, à la sortie de l'exposition, quarante-deux crânes réalisés par des artistes dans ce qu'on appelle la « Catacombe artistique ».

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