2015 - 7 novembre - Bressieux

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Autrefois les terres de Bressieux étaient occupées « sans nulle dépendance des Dauphins, ni aucun seigneur supérieur »[1] par de « Hauts Barons », seigneurs dont découle le nom de la commune que nous connaissons aujourd'hui. Ils ont marqué l'histoire de cette petite bourgade en laissant dernière eux les ruines de leur demeure dominant la vallée...

 

[1]Raymond Moyroud, Bressieux en Dauphiné, Bourgoin-Jallieu, Imprimerie « Liberté de Bourgoin-Jallieu », 1985, p. 55.

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Le 7 novembre 2015, l'Association Universitaire d'Archéologie de Grenoble visitait le château de Bressieux et le musée du château, accompagnée de l'Association des Amis de Bressieux. Cette dernière, dont le président-fondateur est Raymon Moyroud, a été créée en 1981 avec pour objectifs de sauvegarder et restaurer les ruines de la forteresse, et de mettre en valeur le monument à travers des fouilles archéologiques. En 1983, les Amis de Bressieux obtiennent l'autorisation de réaliser des sondages du terrain sur lequel a été érigé le château. De 1984 à 1987, des fouilles de sauvetage sont entreprises, puis elles prennent un caractère de fouilles programmées dès 1985. Jusqu’à 1992, elles se poursuivent au sein du programme H17, dans le cadre d’une thématique ‘château de pierre en Rhône Alpes’.[1] La particularité de ces dégagements est qu'ils reposent sur du bénévolat à la seule initiative des habitants de la commune.

 

             Les témoignages archéologiques à Bressieux remontent à la préhistoire jusqu'à nos jours. Des traces du Néolithique ont été découvertes avec des matériaux tels que des palets-disques taillés[2], des grattoirs, des perçoirs, ou encore des racloirs. Les fouilles ont également révélées un dépôt de l'âge du bronze où fut retrouvé un char processionnel à quatre roues, à la plaine du Bièvre.  Avec ce dernier, du mobilier a également été retrouvé (Vaisselle), mais aucune trace de défunts.

 

            Des fouilles ont également été réalisées sur les mottes castrales. Les seigneurs et propriétaires terriens sur les parties élevées de la région afin d’asseoir leur emprise. Autour d'une formation terrestre artificielle est construite une palissade en bois qui encercle un château composé de la motte et d'une basse-cour. Ces mottes castrales se situent près d'une voie de passage (voie romaine)  permettant d'assurer la défense de la région et d'établir des péages.

Deux mottes ont été retrouvées à Bressieux : La boule Billon (451m d’altitude) et la boule Châtelard (576m d’altitude). Il est possible qu’à l’actuel emplacement du château se trouvait une troisième motte castrale. Les fouilles de 1940 à la boule Châtelard n'aurait révélé aucun matériel archéologique, alors que celles menées à la boule Billon à partir de 1812 ont livré un riche mobilier. En effet, la diversité matérielle est démontrée par la présence d’une multitude d’objets dont la nature diffère : des défenses de sangliers, des bagues en bronze, des lames de couteaux en fer brisés, des pointes de flèches, des fragments de clés en fer, des ossements, des lames de silex, des tessons de poteries[3]. Par ailleurs, les relevés archéologiques ont notamment permis de révéler une importante présence de charbons et de couches de cendre témoignant ainsi d’incendies successifs.

 


[1] HALE-SAMBET (Yonne), MOYROUD (Raymond), Le château de Bressieux (Isère), Lyon, Association de liaisons pour le Patrimoine et l’archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne, 2009, p. 15.

[2]Raymond Moyroud, Bressieux en Dauphiné, Bourgoin-Jallieu, Imprimerie « Liberté de Bourgoin-Jallieu », 1985, p. 11.

[3]Raymond Moyroud, Bressieux en Dauphiné, Bourgoin-Jallieu, Imprimerie « Liberté de Bourgoin-Jallieu », 1985, p. 29.

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Les fouilles réalisées sur le terrain du Château ont permis de distinguer les époques de constructions qui s'étendent du XIIe au XVIIIe siècle. Autour de l’édifice a été réalisé un fossé toujours visible aujourd'hui. L’accès au château était constituée d’un pont-levis mobile suivit d’un pont dormant à deux arches de pierres, puis d’un second pont-levis (à contrepoids) menant à la porte, entre les deux tours d’entrée. Les fortifications sont constituées de pierres, de galets, puis de briques. Aujourd’hui, l’édifice est partiellement en ruines et les seules élévations conservées sont les deux tours d’entrée, le mur du château et la tour Nord-Est où il est possible de monter. Les sondages les plus profonds qui ont été réalisés descendent jusqu’à 3 mètres, niveau où ont été retrouvés les plus anciennes traces d’occupations. Sur les tours d'entrées, trois étapes de constructions sont visibles. La première élévation de ces dernières montrent trois bandeaux horizontaux de tuf, séparés par des rangs de briques. Une frise d’engrenage a été réalisée plus haut juste avant le chemin de ronde. Ce dernier est formé de merlons. La tour Est possèdent quatre merlons dont la largeur varient de 1,10 à 1,15m, et de quatre créneaux d'environ 0,75m. Tandis que la tour Ouest possèdent six merlons et six créneaux de largeur régulière. La hauteur de ces merlons est d'environ 1,35m. Sur la façade extérieur ont été retrouvées des crochets témoignant de la présence de volets en bois pivotants (« huchettes »). Avec la seconde élévation, les tours se dotent d'un étage supplémentaire et d'un pont les reliant par deux portes en vis-à-vis. Les témoignages des poutres sont toujours visibles laissant supposer la fermeture des tours par un hourd[1]. Il n'est pas possible d'affirmer que la tour Est était identique même si les représentations (peintures, gravures) semblent le confirmer. Enfin la troisième élévation est visible uniquement sur la tour Ouest. Cette dernière se voit surplombée de mâchicoulis soutenus par un crénelage de briques[2]. Le Marquis Lucy de Pélissac, propriétaire des ruines du château en 1907, découvre dans son grenier l'un des plus ancien mécanisme d'horloge (avant l'invention d'horloge à balancier). Des textes de 1579, 1659 et 1721, sur le château, mentionnent la présence d'une horloge. Même si, les sources attestent de l'existence d'une horloge, son emplacement sur la façade reste un mystère. Face au manque de moyens et pour une question de sécurité, les Amis de Bressieux ont été contraint de réenfouir les élévations retrouvées dans la cour du château.

 


[1]Hourd : « Au Moyen-Âge, galerie en charpente en encorbellement au sommet d'une muraille pour en battre le pied. », Définition Larousse.

[2]HALE-SAMBET (Yonne), MOYROUD (Raymond), Le château de Bressieux (Isère), Lyon, Association de liaisons pour le Patrimoine et l’archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne, 2009, p. 63-76.

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L’association des Amis de Bressieux, ainsi que les communes voisines, décidèrent de mettre en valeur l’histoire de leur village et du château. Ainsi, en 1992, en association avec le Musée dauphinois, fut inauguré un musée à Bressieux. Ce dernier présente l’histoire de la commune du Néolithique à la période médiévale à travers la présentation d’objets provenant des fouilles et des dons des particuliers. Il témoigne également de la volonté d’un idéal archéologique, celle d’un patrimoine participatif avec les habitants.

Le château de Bressieux est une visite accessible pour tous et toute l’année. La visite animée du musée de Bressieux et son Château sont possibles lors des Journées du Patrimoine, ou durant les vacances scolaires (de juin à septembre Des animations telles que les médiévales de Bressieux redonnent vie, le temps des festivités, aux ruines de cet étonnant édifice.

 

Merci à Raymond MOYROUD (historien et président fondateur des Amis de Bressieux), Yvonne HARLE-SAMBET (archéologue), Jean-Pascal JOSPIN (conservateur du Musée dauphinois, chargé d’archéologie) d’avoir rendu possible, à l’Association Universitaire d’Archéologie de Grenoble, cette visite du château de Bressieux et de son musée.

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Musée de Bressieux

Tour de la fortification

Vers l'entrée du musée

Devant la maquette

L'horloge

Verre

Visite guidée du Château

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Bibliographie :

 

MOYROUD (Raymond), Bressieux en Dauphiné, Bourgoin-Jallieu, Impr. « Liberté de Bourgoin-Jallieu », 1985.

HARLE-SAMBET (Yvonne), MOYROUD (Raymond), Le château de Bressieux (Isère), Lyon, Association de liaisons pour le Patrimoine et l’archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne, 2009.

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