2015 - Conférence en anthropologie - Laetitia Lanteri

L’anthropologie, faire parler le mort pour connaître les vivants

 

Intervention de Laetitia Lanteri, doctorante en anthropologie biologique (UMR 7268 ADÉS AMU-CNRS-EFS)

Lundi 20 avril 2015

 

L’anthropologie funéraire consiste en l’étude des hommes et de leurs modes de vie à travers l’analyse des restes humains mis au jour en contexte archéologique . Cette discipline est extrêmement vaste, les problématiques étant similaires à l’ensemble des périodes historiques et préhistoriques (les premières traces de pratiques funéraires datant de l’Homme de Neandertal) et s’intéresse autant aux restes humains mis au jour en contexte funéraire et non-funéraire.

 

La notion de sépulture est donc majeure dans l’étude anthropologique. La définition retenue est celle d’un lieu où sont déposés les restes d’un ou de plusieurs défunts avec une volonté visible d’accomplir un geste funéraire. Toutefois, c’est surtout la signification du geste qui intéresse les anthropologues. La sépulture révèle donc une réflexion des hommes face à la mort, ainsi qu’un travail de mémoire des vivants envers leurs défunts. Il faut d’ailleurs distinguer les rites, qui relèvent de la croyance pure rarement accessibles par l’archéoanthropologie, des pratiques, qui témoignent d’une gestion matérielle.

 

Deux questions ressortent ainsi du travail de l’anthropologue : comment les vivants gèrent-ils leurs morts et que traduisent les modalités funéraires et non-funéraires de la conception de la mort de la population étudiée?

 

Le travail de l’anthropologue débute dès le terrain, où il tente de déterminer les modalités d’ensevelissement et/ou de crémation. Cela passe, par exemple, par l’étude des structures et des matériaux les composant, l’orientation et la position initiale du corps. Les observations in situ concernent également l’état de conservation des ossements, l’état de représentation du squelette (complet/incomplet) et l’étude archéothanatologique relevant le degré de persistance des connexions anatomiques.

Le reste de l’étude s’effectue en laboratoire. Il s’agit alors de conditionner et de conserver les restes pour mieux les étudier. Les ossement sont d’abord nettoyés, puis inventoriés sur une fiche de conservation. Viens ensuite l’estimation de l’âge-au-décès d’après le stade de croissance pour les individus immatures et les indicateurs de sénescence pour les adultes (comme les remodelages osseux des articulations peu mobiles ou le cément dentaire par exemple). Le sexe est déterminable seulement chez les individus adultes d’après la morphologie de l’os coxal (le bassin) préférable à la morphologie crânienne, moins fiable. Viens finalement l’examen sanitaire, permettant d’étudier les pathologies qu’a eues l’individu, à la condition qu’il s’agisse de maladies laissant des traces sur les os.

 

Pour conclure, la démarche anthropologique consiste à croiser au maximum les résultats d’étude afin d’émettre des hypothèses quant aux pratiques funéraires à l’échelle d’un site et de les comparer à d’autres sites de la même période.

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